IS ou IR :
quelle imposition pour vos bénéfices ?

Impôt sur les sociétés ou impôt sur le revenu : un choix structurant, parfois difficile à inverser, qui se raisonne sur plusieurs années et pas seulement sur le taux.

Impôt sur les sociétés (IS) et Impôt sur le revenu (IR) :
les deux logiques

Derrière chaque création de société se cache un second choix, moins visible que celui du statut mais tout aussi structurant : le régime d'imposition des bénéfices. À l'impôt sur les sociétés (IS), la société paie son propre impôt (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions, 25 % au-delà) et vous n'êtes imposé personnellement que sur ce que vous en sortez, en rémunération ou en dividendes. À l'impôt sur le revenu (IR), la société est transparente : le bénéfice est imposé directement entre vos mains, au barème progressif, qu'il soit prélevé ou non.

Chaque logique a ses terrains de prédilection. L'IS excelle quand le bénéfice dépasse vos besoins de rémunération et peut être réinvesti ; l'IR prend l'avantage quand votre taux marginal est faible ou qu'un déficit de démarrage peut s'imputer sur vos autres revenus. Et comme certaines options sont temporaires ou difficilement réversibles, mieux vaut décider sur simulation que sur intuition.

Impôt sur les sociétés (IS) ou Impôt sur le revenu (IR) :
le tableau comparatif

Comparaison de l'impôt sur les sociétés et de l'impôt sur le revenu : taux, imposition du bénéfice, rémunération, dividendes, déficits et réversibilité.
Critère Impôt sur les sociétés (IS) Impôt sur le revenu (IR) Notre lecture
Qui paie l'impôt La société, sur son bénéfice. Vous n'êtes imposé personnellement que sur les sommes que vous percevez. Vous (ou les associés), directement sur la quote-part de bénéfice, même si elle reste dans l'entreprise. À l'IS, deux niveaux distincts que l'on peut piloter ; à l'IR, un seul niveau, subi mais simple.
Taux applicables (2026) 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (CA inférieur ou égal à 10 M€, capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques), 25 % au-delà. Barème progressif de l'impôt sur le revenu : le taux dépend de l'ensemble des revenus de votre foyer et grimpe avec eux. L'IS plafonne l'imposition du bénéfice conservé ; à l'IR, un bon bénéfice ajouté aux revenus du foyer peut vite atteindre des tranches élevées.
Bénéfice réinvesti Taxé une seule fois à l'IS, puis disponible pour investir, embaucher ou rembourser un emprunt. Imposé chez vous au barème même si vous ne prélevez rien : l'autofinancement coûte votre taux marginal. Le critère décisif des entreprises qui gardent de la trésorerie : l'IS est fait pour réinvestir.
Rémunération du dirigeant Déductible du résultat de la société : elle réduit la base imposable à l'IS. Non déductible : votre « rémunération » n'est qu'un prélèvement sur un bénéfice déjà imposé chez vous. À l'IS, l'arbitrage entre rémunération et résultat devient un vrai levier d'optimisation annuel.
Dividendes et sortie des profits Les distributions supportent le PFU de 31,4 % (taux 2026 : 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux) ou, sur option, le barème avec abattement de 40 %. Pas de seconde imposition : le bénéfice déjà taxé peut être appréhendé sans frottement supplémentaire. C'est le revers de l'IS : sortir les profits a un coût. Le comparatif global doit intégrer les deux étages.
Traitement des déficits Le déficit reste dans la société et se reporte sur ses bénéfices futurs. Sous conditions selon l'activité et le régime, le déficit peut s'imputer sur les autres revenus du foyer et réduire votre impôt immédiatement. Pour une phase de lancement déficitaire avec d'autres revenus au foyer, l'IR peut créer un avantage de trésorerie immédiat.
Statuts concernés Régime par défaut des SAS, SASU, SARL et SA ; sur option pour l'EURL, l'entreprise individuelle ou la SCI. Régime par défaut de l'entreprise individuelle, de l'EURL (associé personne physique) et de la SCI ; sur option temporaire (5 exercices) pour les sociétés à l'IS, et sans limite pour la SARL de famille. Le choix du statut emporte un régime par défaut, mais presque toutes les situations peuvent être aménagées par option.
Réversibilité L'option d'une société de personnes pour l'IS, comme celle d'une SCI, est difficilement réversible : elle engage la structure durablement. L'option IR des sociétés de capitaux est limitée à 5 exercices : c'est un régime de transition plus qu'un choix définitif. Le calendrier des options est aussi important que le choix lui-même : certaines portes se referment. À valider avant de signer.

Chiffres 2026, vérifiés sur les sources officielles (service-public.fr, Bpifrance Création, France Travail). Ils évoluent chaque année : la simulation sur votre situation réelle reste indispensable avant toute décision.

Quel choix pour
quelle situation ?

Orientez-vous vers l'IS si...

  • Votre bénéfice dépasse durablement votre besoin de rémunération

  • Vous voulez réinvestir, autofinancer ou constituer de la trésorerie dans l'entreprise

  • Le taux marginal de votre foyer est déjà élevé

  • Vous souhaitez piloter finement le couple rémunération / dividendes chaque année

Orientez-vous vers l'IR si...

  • Vous démarrez avec un déficit prévisible, imputable sur les autres revenus du foyer sous conditions

  • Votre taux marginal est faible et vous prélevez la quasi-totalité du bénéfice

  • Vous êtes en SCI patrimoniale et visez le régime des plus-values immobilières des particuliers à la revente

  • Vous êtes éligible à un régime spécifique comme la SARL de famille

Alors, que choisir ?

IS ou IR n'est pas un duel avec un vainqueur permanent : le même entrepreneur peut avoir intérêt à l'IR pendant deux ans puis à l'IS toute la vie de son entreprise. La décision se prend en projetant plusieurs exercices, en intégrant vos autres revenus, votre stratégie de rémunération et, pour l'immobilier, l'horizon de revente. Comme certaines options sont irréversibles ou limitées dans le temps, faites valider le choix par une simulation avant de le graver dans les statuts : c'est un travail que nous menons systématiquement en création et en cours de vie de société.

Notre accompagnement création d'entreprise couvre ce choix de bout en bout : simulation chiffrée, rédaction des statuts, immatriculation, puis comptabilité et optimisation en rythme de croisière. Le plus simple pour démarrer : réserver un premier échange gratuit ou nous écrire via la page contact.

Impôt sur les sociétés (IS) ou Impôt sur le revenu (IR) :
vos questions

  • Quels sont les taux de l'impôt sur les sociétés en 2026 ?

    Le taux normal est de 25 % sur l'ensemble du bénéfice. Un taux réduit de 15 % s'applique sur la part de bénéfice jusqu'à 42 500 €, pour les sociétés dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 10 millions d'euros et dont le capital, entièrement libéré, est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques (directement ou indirectement).

  • Comment sont imposés les dividendes en 2026 ?

    Par défaut au prélèvement forfaitaire unique, dont le taux est passé à 31,4 % au 1er janvier 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, après la hausse de la CSG). Sur option globale, vous pouvez préférer le barème progressif avec un abattement de 40 % sur les dividendes : le bon choix dépend de votre taux marginal, nous le vérifions chaque année.

  • Peut-on revenir en arrière après avoir opté pour l'IS ?

    Difficilement : pour une société de personnes ou une SCI qui a opté pour l'IS, l'option engage durablement la structure et les conditions de renonciation sont strictes et enfermées dans des délais courts. À l'inverse, l'option IR d'une société de capitaux est de toute façon limitée à 5 exercices. Avant toute option, nous simulons aussi le scénario de sortie, notamment l'impact sur les plus-values.

  • Une SCI a-t-elle intérêt à passer à l'IS ?

    Parfois, mais jamais par principe. L'IS permet d'amortir l'immeuble et de réduire l'imposition pendant la détention ; en contrepartie, la plus-value de revente est calculée sur la valeur nette comptable, souvent beaucoup plus lourde que le régime des particuliers avec ses abattements pour durée de détention. Plus l'horizon de revente est lointain ou incertain, plus la simulation est indispensable.

  • Qu'est-ce que la SARL de famille change à ce choix ?

    La SARL de famille, réservée aux associés d'une même famille exerçant une activité commerciale, artisanale ou industrielle, peut opter pour l'IR sans limitation de durée, là où l'option IR classique des sociétés de capitaux s'arrête à 5 exercices. C'est un outil intéressant pour imputer des résultats sur la fiscalité personnelle des associés dans la durée.

  • La rémunération du dirigeant est-elle toujours déductible ?

    À l'IS, oui : la rémunération du dirigeant est une charge qui réduit le bénéfice imposable de la société (elle reste imposée chez le dirigeant et soumise à cotisations). À l'IR, non : il n'y a pas de déduction, le dirigeant étant imposé sur la totalité du bénéfice, prélevé ou non. Cette différence change profondément la mécanique d'optimisation.

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